Oiseau rare frêle et gracieux, cette icône à la crinière de jais incarne le téléscopage fructueux de deux galaxies du luxe qui, en principe, s’ignorent. Le jour, Teresa Merchant est modèle. La nuit, elle blogue sur l’univers des cigares sous le nom de The Smoking Hot Cigar Chick (une marque déposée par notre amazone, experte en personal branding). Incollable tant sur les feuilles cultivées au Nicaragua que sur les alliances avec le whisky. Le bec cloué, le milieu très fermé et très macho de la volute n’a pu que s’incliner devant ses connaissances. Interview.
Infidèle aimerait savoir ce qu’il y avait au commencement : les photos de mode ou les cigares ?
Texane originaire de Houston, avec des racines mexicaines, espagnoles et françaises, j’ai commencé à poser vers l’âge de seize ans. On m’a repéré… pour mes cheveux. Poser, c’était une manière d’approcher de près un monde fait d’élégance, d’étoffes… D’assouvir ma fascination pour l’esthétique. Ceci nous amène assez naturellement au cigare, puisque je me revois encore enfant, lorsque mon entourage organisait des soirées, en pâmoison devant les robes, les costumes, qui n’allaient pas sans les cocktails, les verres de scotch, les cigarettes et, bien sûr, les cigares. L’odeur de la cigarette m’agressait. Le parfum du cigare m’envoutait. J’ai toujours associé cette fragrance au luxe. Mais une fois adulte, il m’a fallu un détour par le mannequinat puis la cuisine – j’ai travaillé dans un restaurant – avant de découvrir l’univers du cigare. J’avais en effet appris sur le tas avec un sommelier à associer les saveurs et les arômes. Le jour où j’ai laissé tomber la restauration, trop vampirisante, j’ai mis ce savoir en pratique avec le cigare, les alcools, le chocolat… Tout ce qui peut mettre le palais en éveil. C’est l’objet de mon site Internet.
Pour qui travaillez-vous en tant que modèle ?
Essentiellement avec des créateurs de mode et des coiffeurs réputés. J’aime prendre les devants, bouger face à l’objectif, jouer avec les vêtements et les accessoires. Je préfère donc, de loin, m’investir dans des books et shootings pour créateurs que dans de simples publicités où je n’ai pas mon mot à dire.
Seule mannequin revendiquant sa passion des volutes, vous utilisez fréquemment le cigare comme accessoire. Selon vous, y a-t-il une performance derrière cette continuité ?
Le cigare m’aide certainement à m’approprier plus facilement l’espace. Mais je suis trop ingénue pour prendre cela pour de l’art. Tout cela relève plus du jeu, pour moi.
Fumez-vous durant les séances de shooting ?
Cela m’arrive, mais uniquement quand le cigare et la fumée font partie intégrante de la séance.
On imagine que vos cigares doivent être plutôt mal vus sur les plateaux…
Je n’ai jamais été blacklistée. J’ai la chance de ne pas avoir eu la moindre réflexion jusqu’ici. C’est vu comme une attitude, un art de vivre. Un matin, je me faisais coiffer pour un défilé spécial coiffures.









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