À l’issue des quatre jours du très pointu festival de la photographie et de la mode de Hyères, dimanche 2 mai, chacun rongeait son frein dans l’attente des résultats des prix. Les sessions précédentes avaient vu récompenser des jeunes créateurs qui sont devenus de vrais acteurs du monde de la mode par la suite, et c’est bien le principe du festival que de repérer très tôt les stylistes qui seront demain chassés par les plus grandes maisons.
Pourtant un prix à Hyères est loin d’être un sésame vers la gloire et la reconnaissance du marché de la mode. Par exemple, nombre de nominés ignorés par le jury ont réussi à transformer l’essai, tandis que des premiers prix ont disparu dans les tréfonds d’une deuxième collection qui n’a jamais vu le jour, incapables de passer le cap de la liberté artistique vers le produit consommable.
Les jurys, constitués de créateurs ou d’observateurs de la mode de plus en plus célèbres, légitimant d’années en années le festival, ne se gourent pas toujours pour autant. Simplement, selon les sessions, la part belle est faite à la créativité potentielle pure, ou à l’évidence déjà bien assise d’une adéquation au marché.








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